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Vince Guaraldi : Le Swing de Charlie Brown

Jérôme
Le 17 septembre 2016

Élargissons nos horizons aujourd’hui, voulez-vous ? Prenons un moment et parlons musique le temps d’un instant. Amoureux du Jazz, une surprise vous attend. Pour les autres, attendez un instant avant de partir, ce qui suit est accessible et de très bon goût. En horlogerie comme en musique il y a les grands noms et les autres, les légendes et les outsiders. Rolex, Omega, Miles Davis et Duke Ellington, mais il ne sont pas seuls, bien heureusement.

Dans la catégorie des pépites qui n’ont pas pris autant la lumière que leurs pairs à une époque où le Jazz était de mise – belle époque – il y a Vince Guaraldi. Si ce nom vous dit quelque chose, ce n’est cependant,  peut-être pas pour les bonnes raisons. Je m’explique : Si ce nom ne vous rappelle rien, certaines des notes qu’il a composé par contre, devraient résonner de façon familière.

Vince Guaraldi

Vince Guaraldi, c’est le père de la bande original  du dessin animé Snoopy. Si vous n’avez pas grandit dans une cave et si au minimum l’un de vos voisins avait la télévision, c’est un générique qui n’a pas pu vous échapper. Snoopy, les Peanuts et Charlie Brown, autant de noms désormais entrés dans la culture populaire. Le pianiste Vince Guaraldi lui, nous a quitté précipitamment un 6 février 1976, alors âgé de 47 ans en laissant derrière lui non seuleument l’univers musical d’un dessin animé qui a marqué plusieurs générations mais aussi, en s’attardant davantage sur ses compositions, un univers bien à lui, des mélodies d’une grande fraîcheur et des notes qui s’égrainent toujours avec le même enthousiasme.

Les débuts et l’arrivée de la Bossa Nova

Débutant comme pianist de jazz vite reconnu pour sa créativité et ses qualités mélodiques, Vince Guaraldi collabore dès 1953 avec Cal Tjader avec qui il enregistre un album en trio. Mais le début des années 60 marque également l’arrivée d’une déferlante Bossa Nova qui allait conquérir l’Amérique avec la sensualité de ses rythmes chaloupés et la beauté de ses harmonies.

La sortie du film Black Orpheus marque un tournant. Vince Guaraldi se laisse envouter et enregistre bon nombre de reprises des morceaux composés par le grand Tom Jobim dans son album “Jazz impressions of Black Orpheus”, en 1962. Ces enregistrements sont d’ailleurs de grande qualité mais cela l’empêchera en partie d’accéder au panthéon des grands de l’époque qui le classèrent dès lors, à tort, dans la catégorie des interprètes de talent mais pas vraiment des compositeurs. Shame.

Les compositions pour Charles Schultz : A boy named Charlie brown

Lorsque Lee Mendelson, producteur de Peanuts, entends l’enregistrement de “cast your fate to the wind”, il est séduit à juste titre par la composition. Ce dernier décide alors de le contacter pour lui proposer de collaborer à la réalisation d’un album de Noël…

Acceptant avec enthousiasme le challenge, on a vu naître non seulement un album de Noël mais aussi 17 collaborations spéciales aux compositions  qui le feront connaître du grand-public.

Vince Guaraldi

Pourquoi s’y intéresser ?

Parce que cinquante ans plus tard, les compositions et les interprétations de Vince Guaraldi et son Trio, mais aussi ses collaboration avec le guitariste brésilien Bola Sete sonnent toujours avec la même fraicheur. Ses compositions aux mélodies simples et belles, la qualité de ses silences et l’équilibre qu’il savait trouvé naturellement entre accords plaqués et mélodies ne faisait jamais étalage de la virtuosité dont il était capable. Un artiste que l’on a toujours autant de plaisir à écouter.

Pour les inconditionnels de Snoopy comme des autres, c’est une bande son pleine de fraîcheur et de talent, de simplicité et de subtilité qui conviendra tout aussi bien à une soirée, Negroni & Culebras avec vos meilleurs amis, à refaire le monde, qu’à un tête à tête amoureux avec votre belle. Et même si vous décidez de vous allonger et de réellement prendre le temps d’écouter à plein temps sans rien faire d’autre… croyez moi, ça marche aussi.

A connaître également en souvenir d’un âge d’or où l’on s’aperçoit que les musiques destinées aux enfants étaient belles et construites. En souvenir d’un temps où simplicité et accessibilité rimait avec « éducation des sens » et non avec « manque de recherche ». Vous me sentez nostalgique ? Peut-être. Mais avouez tout de même que dans 70 ans, il y a tout de même peu de chance que nous éprouvions le même plaisir à ré-écouter le générique des Teletubbies…

Pour les grands & les petits

Pour vous, chers lecteurs qui avez déjà donné naissance à la prochaine génération d’hommes et de femmes de goût, voici des albums et des compositions à faire impérativement écouter à vos enfants dès leur plus jeune âge. Parce que la découverte des bonnes choses n’attend pas et qu’il est important  de les habituer à d’autres harmonies, accords et sonorités plus riches que celles des  4 accords majeurs  dont on nous abreuve exclusivement aujourd’hui.

Ceci était un message sincère d’un amoureux de la musique qui souhaite défendre des valeurs  de simplicité, d’élégance et de substance en dehors du monde horloger. Après tout, ne souhaite-t’on pas tous que les générations futures comprennent la beauté sobre des index tritium patinés d’une vieille Explorer 1016 plutôt que les grossiers 60mm d’ouverture de boîte d’une montre Diesel ? Je pense que si.

Musicalement c’est pareil. Et si votre petite tête blonde vous rétorque que « tout le monde » écoute Maître Gims et Dadyday, expliquez lui simplement, un sourire bienveillant au bord des lèvres, que justement, il n’est pas « tout le monde »…


La musique de Vince Guaraldi

Vous ne savez pas par où commencer ? No Worries, nous vous avons ai justement préparé une playlist qui vous permettra de découvrir toute l’étendue du talent de ce pianiste. Ces morceaux sont sélectionnés avec amour et disponibles juste ici sur spotify. Je vous en prie, ça nous fait tellement plaisir !

A écouter d’urgence ? Sa version de “Manha de Carnaval”, pourtant un exercice périlleux pour un pianiste américain. L’arrangement est des plus sobres et respectueux, un plaisir. Pour les souvenirs d’enfance écoutez plutôt “Charlie Brown’s theme”, “Fencwick’s Farfel” et bien entendu “Blues for peanuts”, parmi nos préférées… Je vous laisse découvrir…