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Universal Genève Tri-Compax : L’élégance du Bluesman Clapton

Jérôme
Le 2 novembre 2017
I

Il y a quelques jours à peine, un certain Rolex Daytona ayant appartenu à une icône du cinéma américain s’envolait aux enchères en dépassant tous les pronostiques les plus fous. 17 Millions de dollars. Ce n’était pas n’importe quel 6239, certes. L’importance de l’influence de l’humain, de l’homme derrière la montre dans la valorisation d’une pièce, n’a jamais été aussi évidente. Sans cette appartenance, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un énième chronographe de sport en acier produit en série à des dizaines de milliers d’exemplaires. Une belle montre, certes, mais certainement pas une pièce qui s’arrache à plus de 17 Millions de Dollars.

Pour ceux qui ne la connaîtrait pas encore, nous allons aujourd’hui nous intéresser à la montre portée à la grande époque par l’un des plus grands Guitar-Hero, amateur et collectionneur de montres reconnu : L’Universal Genève Tri-compax d’Eric Clapton.

De l’importance de l’appartenance

Approchons la notion d’appartenance et de valorisation d’une montre de la manière suivante : le principe d’identification est le même qu’il concerne une seule personne, une famille ou toute une catégorie d’individus.

Prenons en exemple la LIP de votre grand-père, que vous avez vu toute votre enfance au poignet de ce patriarche. Elle n’est évidemment plus une simple LIP. Sa valeur, sentimentale pour l’instant, s’en trouve décuplée car ce petit objet s’est transformé en héritage, symbole de nos racines. Un phénomène qui ne touchera que les gens ayant connu cet homme, la famille proche en particulier.

Ce phénomène d’identification s’amplifie néanmoins lorsqu’on parle de montres ayant été portées par exemple par des soldats pendant les grandes guerres de libération ou de personnalités ayant marqué des générations entières par leurs talents, leurs attitudes et les valeurs qu’elles incarnaient. Paul Newman rentre évidemment dans cette catégorie.

C’est donc très naturellement que la montre devient symbole des valeurs incarnées par ces hommes auprès de ceux qui les partagent. On veux se procurer une vieille Submariner, comme James Bond et les plongeurs de la COMEX, un Daytona pour ces valeurs de liberté, d’indépendance et ce charme indéniable qu’incarnait Paul Newman, un exemple parmi tant d’autres.

Paul Newman - Rolex Daytona

S’il n’est pas impossible de se procurer “la même montre que”, il devient vite très onéreux de se procurer “la montre de”. Forcément, la rareté fait le prix et il n’y en a qu’une. Vous n’êtes pas tout seul sur le coup. Nope.

La récente enchère sur le Daytona de Paul Newman à la célèbre gravure “Drive Carefully. Me.” nous l’a encore prouvé dans des proportions délirantes.

Eric Clapton : Slowhand

Dans la quête de pièces qui incarnent une histoire au travers des hommes qui les ont portées, laissez-moi vous présenter l’Universal Genève Tri-compax d’Eric Clapton. Commençon par Clapton, pour ceux qui ignoreraient l’importance du bonhomme.

Eric Clapton and Jimmi Hendrix - Universal Geneve

Je vais faire court et simple, quelques faits devraient suffire. Celui que le monde de la musique a surnommé “Slowhand”, pour ses interminables solos de Stratocaster mélodieux aux longues notes qui résonnent tout en longueur, ou tout simplement “God” (je ne traduis pas, je pense que vous l’avez), est sans aucun doute l’un des guitaristes les plus influents de tous les temps. N’ayons pas peur des mots.

Il est le seul et unique musicien à avoir été introduit 3 fois au Rock & Roll Hall of Fame, une fois avec son premier groupe, The Yardbirds, plus tard avec CREAM, puis évidemment au titre d’artiste solo et de compositeur. Ces nombreuses associations incluront les non-moins connus et emblématiques John Mayall & the Bluesbreakers, George Harrisson, The Beatles, B.B. King ou encore J.J. Cale.

Eric Clapton and John Lennon - Universal Geneve

Une carrière qui s’étale sur plus d’un demi-siècle de musique, jalonné de création de classiques que nous avons tous en tête. Layla ? Crossroads ? Tears in Heaven ? Sans oublier sa version de “I Shot the Sheriff” qui jouera un rôle important  dans l’expansion du Reggae en permettant à un certain Bob Marley de toucher un audience internationale.

Universal Genève Tri-Compax Ref 881101

Universal Genève Tri-Compax 881101/01
Source : Analogshift

Voici celle que vous attendiez tous. Une certaine référence 881101, Tri-Compax. Une pièce qui plaît et qui plaira encore tant sa conception est créatrice d’émotion.

Il s’agit en fait d’une montre résolument sportive malgré des complications qui pourraient faire penser le contraire. Un bel équilibre, donc. Notez que le modèle d’Eric Clapton était une première référence ‘Panda’, la référence ‘Reverse Panda’ viendra juste après. Pas le même animal, mais presque.

Universal Genève Tri-Compax 881101/02

Universal a commencé  à s’intéresser de près et à produire des chronographes au début des années 1930 avec des pièces comme le Compur et l’Aero-Compax. Le Tri-Compax arrivera à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1944. Alors très classique, la référence dont je vous parle aujourd’hui qui n’arrive qu’en 1967 est la première à voir sa lunette tachymétrique à l’extérieur du cadran. Sport Sport.

Quittons Eric quelques secondes. Qu’est-ce qui fait le charme de cette UG ? Personnellement, une fois passée au poignet, on remarque rapidement les anses lyre, et cela fait de suite quelque chose. La fameuse lunette tachymétrique pour entourer le tout,  et la disposition pour le moins atypique des éléments du calendrier, et le tour est joué.

Elle est animée du Calibre Universal Genève 281. Un mouvement historique. Historique parce qu’introduit en 1932 en tant que premier mouvement de chronographe possédant la complication du calendrier. Produit à l’époque par Martel, un fabricant de mouvements suisse, le mouvement équipait aussi quelques Zenith. Qui rachètera Martel à la fin des années 1950. Pourquoi faire compliqué ?

De tous points de vue, cette pièce a donc un intérêt horloger important. Désirabilité maximale.

Vous voyez où je veux en venir ?

Appellera-t-on un jour cette référence la Tri-compax Clapton ? Ce serait logique et même déjà certainement le cas dans certains cercles de collectionneurs pas insensibles aux notes bleues (moi). Et c’est tant mieux. Maintenant s’envolera t-elle aux enchères tel le Daytona de Paul ? L’avenir nous le dira. Après tout, Eric n’est pas absent des records d’enchères à titre personnel, en témoigne la vente de sa Patek Philippe 2499 en platine, partie pour la modique somme de 3,44 Millions de Francs Suisses.

D’ici à ce qu’un richissime collectionneur qui aime les solos qui chantent s’enflamme sur une levée de marteau, il n’y a qu’un pas. Après tout, la valeur de toute chose ne se constitue jamais que de ce qu’un individu est prêt à payer pour l’acquérir. Lorsqu’Histoire et passions se mélangent, la raison n’a plus vraiment sa place…

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