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Rolex GMT-Master 6542 : Fifties, Pan-Am et Pussy Galore

Nicolas
Le 1 août 2017
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Souvenez-vous, il y a quelques mois, je vous parlais boissons gazeuses en retraçant l’évolution de la Rolex Gmt-Master. Pepsi addiction. Mais je me devais de revenir sur le sujet. Pour quelle raison ? Nous vous avons récemment présenté la vente aux enchères Antiquorum, qui a offerte de très belles pièces, et pas seulement en terme d’or présent sur les Daytona. Et j’ai eu l’occasion de voir sous toutes les coutures une merveille du passé, une Rolex Gmt-Master référence 6542. La foudre a frappé. Fort.

Flashback : Pourquoi la Gmt-Master ?

Rolex Gmt-Master 6542 : L’enfant des Fifties

Plongeons-nous au début des années 1950. La Gmt-Master ayant vu le jour en 1954.

Rolex Gmt-Master référence 6542

Nous sommes dans la période d’après guerre, les États-Unis triomphent pour leur rôle joué pendant cette période sombre, et la Guerre Froide bat son plein. On recherche donc toujours à pousser plus loin les frontières du possible, les techniques humaines s’affutent, et l’homme veut aller partout. Il veut partout conquérir le nucléaire, l’espace, ouvre des centres commerciaux à perte de vue, se nourrit du plus de ‘pills’ possibles, etc. Mais cet homme voyage aussi.

Cet homme voyage en avion, et l’homme américain voyage avec la Pan-Am. Et, même si la Pan-Am Airways est déjà créée en 1926, son âge d’or se situe véritablement après la Seconde Guerre mondiale.

Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous parle de la Pan-American World Airways ? Pas de panique, il y a juste de fortes chances pour que la grande entreprise ait fait la demande d’une montre pour les pilotes de ligne. En effet, la Pan-Am vit de profondes transformations après cette guerre, les trajets s’allongeant, et les avions devenant plus gros, et surtout plus rapides.

Je pense notamment au Boeing 377 et au Douglas DC-6. Costume trois boutons, Lucky à la bouche, sièges molletonnés, blagues sexistes aux hôtesses, je vous plante le décor comme dans un bon vieux film.

C’est d’ailleurs dans des publicités d’époque que l’on peut lire que la compagnie en a fait la demande. Rolex mentionne même une autre compagnie aérienne, mais en tait le nom. Étrange, je le conçois.

Le concept est simple. Une lunette tournante graduée 24 heures, et une aiguille GMT qui est dépendante des autres aiguilles. Si on ne touche pas la lunette tournante, l’aiguille GMT indiquera simplement l’heure locale sur une échelle 24 heures. Et si l’on bouge la lunette, on peut choisir le fuseau horaire que l’on souhaite.

L’héritière de la Rolex 6202 ‘Turn-O-Graph’

Cette pièce pour voyageurs, pilotes, et autres baroudeurs des Fifties voit donc le jour en 1954. Mais elle ne naît pas ex-nihilo. Si l’on se penche de plus près sur les précédentes créations de la marque, on remarque une certaine référence 6202 ‘Turn-o-graph’.

Rolex 6202 Turn-O-Graph
Source : isringtime

Créée en 1953, elle est la deuxième Rolex (après le prototype Zerograph et sa large lunette) à présenter une lunette tournante, servant de ‘Stop watch’ pour mesurer des temps divers, qu’il s’agisse de calculs d’aviations ou encore de durée de conversations téléphoniques. D’ailleurs, Rolex lui donnera le nom de ‘Thunderbird’ pour le marché d’Amérique du Nord, après que les fameux pilotes acrobatiques des États-Unis l’ont choisie.

Bref. La Gmt-Master était en quelque sorte déjà en cours de route. On retrouve les mêmes formes que la 6202, la lunette tournante, les aiguilles Mercedes (des aiguilles “épée” étaient aussi présentes sur certaines versions de la 6202), quelques similarités certes, mais le plus gros reste à venir.

Rolex Gmt-Master référence 6542

Rolex Gmt-Master 6542 : Quelques éléments caractéristiques

Connaissez-vous le vrai charme des premières 6542 ? Une lunette bakélite, for sure. Mais un si grand charme cache quelques faiblesses. La Bakélite est très fragile, et le temps ne l’épargne pas. Elle marque le moindre choc, se craquèle, et des morceaux peuvent parfois s’échapper. C’est pourquoi il est rare, et le prix s’en fait donc ressentir, de trouver une 6542 dans un état exceptionnel. Rolex s’en étant vite rendu compte, la marque à la couronne change la bakélite pour un insert en métal à partir de 1956. Chaudes larmes. 

Concernant les cadrans de cette 6542, on voit souvent sortir çà et là des Gmt-Master avec des cadrans noirs ‘Gilt’, à savoir avec un cadran glossy et des écritures or, mais ce n’est vraiment pas tout. Il y eu aussi des modèles avec un boitier en or, des modèles avec cadrans blancs,  et ces fameux index ‘nipple’. Sans oublier une belle variation marron de lunette bakélite.

Concernant le mouvement, différents calibres ont équipé la montre. Des calibres automatiques, d’une part, et aussi certifiés chronomètres. Le premier calibre à équiper la montre est le calibre 1036 (un calibre 1030 de Turn-O-Graph avec une fonction GMT en plus), qui sera suivi par le 1065 et le 1066. Ces calibres sont remarquables par leur masse oscillante, que l’on appelle souvent “butterfly” pour une raison simple : la forme de la masse, avec ce qui ressemble à deux petites antennes de papillon.

Parmi ces Gmt-Master, quelques pépites sortent très largement du lot. Ce qui est très peu connu est que les tous premiers modèles présentaient une ligne de profondeur ’50m – 165ft’ au dessus de la ligne ‘Gmt-Master’. Mais on peut compter sur les doigts d’une main les exemplaires aujourd’hui visibles. 

Des modèles rares, il en existe d’autres. Comme certaines 6542 en or jaune, présentant des cadrans index ‘nipple’, ou la légendaire 6542 cadran blanc ‘Pan-Am’. Réalité ou illusion ? Réalité, comme l’avait démontré l’italien Stefano Mazzariol lors d’une longue explication. Le seul problème est qu’avec la rareté vient la tromperie, et un grand nombre de fake dials circulent aujourd’hui.

La production s’arrêtera en 1959, laissant place à une certaine référence 1675, dont la demande ne fait que grimper minute après minute. De gros changements s’opèrent alors dans les formes de cette Gmt-Master, le plus notable étant l’apparition d’épaulement autour de la couronne. Une autre montre, une autre ère, une autre époque. Cela ne nous empêchera pas de penser à la délicieuse Pussy Galore, partenaire “particulière” de James Bond dans Goldfinger. 6542 au poignet.

Rolex Gmt-Master référence 6542 - Pussy Galore et sa Rolex 6542
Source : Moonphase

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