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Patek Philippe : Charme Art-déco sur fond de Crise de 1929

Nicolas
Le 26 décembre 2017
C

Chers amis, j’espère que vous passez d’agréables fêtes autour de ceux qui vous sont chers, et d’une bonne bouteille de vin. Mon souhait aujourd’hui est de parler de belles choses, et d’Histoire. Bien loin des sélections et de l’agitation de Noël. Un petit bon en arrière de plus de 80 ans autour d’une pièce qui je l’espère, tout comme moi, vous fera voyager.

Un voyage dans le temps et l’espace, sous fond de crise économique. Autour d’une Patek Philippe au charme intemporel et au caractère particulier. Suivez-moi.

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La Crise de 1929 : The Great Depression etc.

Un brin d’histoire économique, s’il vous plaît.

Nous sommes aux États-Unis, au début des années 20. L’industrie va bon train, les usines produisent plus que jamais et le peuple américain consomme. L’amour du capitalisme est débordant. Au même moment, dans cet engouement général, la criée de Wall Street n’a pas plus assez de papier d’emission d’actions et les téléimprimeurs s’affolent. Les cours s’envolent, et ils sont nombreux ceux qui spéculent avec de l’argent qu’ils n’ont même pas. Mais tout va bien, dans le meilleur des mondes possibles.

En gros, l’économie réelle ne profite pas de ces hausses, et on ne voit plus trop le lien entre les deux. En général un signe à prendre au sérieux avant de prendre une tape sur la tête.

Justement. The worse is yet to come. Les capitaux affluent vers la bourse et peu dans l’économie réelle. L’industrie montre une forme en baisse. Et puis un, deux moments de panique. Et John, boutiquier de Hartford, Connecticut, vend ses actions. Il est le premier à vendre, plus-value, heureux. Mais quand tout le monde se met à vendre après, et qu’on ne trouve plus d’acheteurs, tout s’effondre. Même les plus honnêtes entreprises.

The Great Depression (Source : BF)

Malgré l’aide des banques, octobre 1929 et les quelques années qui vont suivre seront terribles pour l’économie américaine. Et les économies extérieures également. Pourquoi ? Les banques américaines ont des intérêts importants en Europe, et rapatrient quelques sous. Et les échangent internationaux avec les États-Unis diminuent. Protectionnisme oblige.

Patek Philippe dans la tourmente

Toute cette mascarade n’est pas du meilleur effet pour la santé de Patek Philippe. Peu après les déboires américains, au début des années 1930, la situation financière de Patek Philippe devient préoccupante. Évidemment à cause de cette crise, qui écarte clients et capitaux.

Patek Philippe Rectangulaire de 1929 et son extrait des registres

Il faut trouver des investisseurs près à acheter du capital action. On refuse LeCoultre, mais on accepte l’offre des frères Stern, qui possèdent alors la fabrique de cadrans fournissant la majorité des cadrans de la manufacture. Et qui ont fabriqué le cadran de la montre dont je veux vous parler aujourd’hui.

Je vous entends arriver, et me demander pourquoi diable j’ai parlé de tout cela. La réponse est simple. Cette Patek Philippe rectangulaire est sortie des ateliers en 1929. Et n’a été vendue que le 22 aout 1934. Cinq années de suspend pour des raisons qui doivent se trouver sur ce fond économique douteux.

Patek Philippe Art Déco

Une montre qui me ferait presque rentrer dans la peau d’un autre personnage. À une toute autre époque.

Nous sommes en hiver 1934. Jack, mon cher père vendeur d’automobiles de seconde main sur la 7ème avenue rachète les voitures des gens ruinés par la crise pour une bouchée de pain. Il gagne sa vie, sans exagérations. Il décide pour mes trente ans en décembre de m’offrir une montre magnifique, et il a eu “un prix” quelques mois auparavant. Je suis ravi, et en plus, la montre est incurvée, elle épouse parfaitement mon poignet.

La prohibition est terminée depuis plus d’un an maintenant, et trente ans ça se fête. Avec mon groupe d’ami, ces “Good old sports”, nous décidons d’aller danser le Charleston au Cotton Club au niveau de la 142ème sur Lenox Avenue.

Patek Philippe Rectangulaire de 1929

Après deux heures intenses, je décide de rentrer à pieds. Il neige, les longues avenues de New-York sont bien éclairées et le ballet des Cadillac et des Chevrolet est incessant.

Cette montre au poignet est à l’image du paysage qui s’offre à moi. Art-Déco. Comme l’illustrent sa forme rectangulaire et ses courbes, son or chaud et ses index glaives qui font le tour de la minuterie chemin de fer. Un autre détail me plait, et on le voit rarement, la présence d’index à l’intérieur de la petite seconde à six heures. Original, non ? Et pratique.

Patek Philippe Rectangulaire de 1929

Deux aiguilles feuilles bleuies surplombent et font de l’ombre au cadran Stern Frères dans la lueur des lumières des Dance Halls de Broadway que je traverse.

J’aime aussi son mouvement. Je n’avais pas eu de montre mécanique auparavant. Il me faut la remonter par le biais de la couronne tous les deux jours avant d’entendre le son de ses organes résonner dans sa boite.

Je suis chez moi. Je regarde ma montre une dernière fois avant d’aller me coucher, en espérant la garder encore un long moment. Puisqu’elle représente tout ce que j’aime autour de moi, mon époque et un certain état d’esprit. Cheers.

Vous voyez de quoi je veux parler ? Bien plus qu’une montre, la bouffée d’oxygène d’un autre temps, mais pourtant bien présent au poignet. Une pièce magnifique avec du caractère et des codes horlogers intemporels que l’on retrouve encore aujourd’hui. C’est de ça qu’il s’agit quand on parle d’horlogerie. Précisément là où se trouve le charme d’une pièce.


Merci à Stéphane de Montres Mania pour cette belle découverte !

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