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Montres, designs et complications : Aurait-on fait le tour de la question ?

Nicolas
Le 19 septembre 2017
C

Chers amis, c’est un sujet apocalyptique dont je veux m’entretenir avec vous aujourd’hui. Voyez plus cela comme un “essai”, et l’illustration de mon état d’esprit aujourd’hui. Cet état d’esprit est simple : le marché horloger est arrivé à un point de saturation, à un pic. De la même manière que le ‘Peak Oil’ mesure le moment ou la production mondiale de pétrole commence à décliner et où les ressources plafonnent, le ‘Peak Watch’ (appellation qui m’est propre) doit nous faire comprendre que le marché horloger arrive à cours de ressources pour encore avancer.

Mais, tout comme je peux être pessimiste, je sais exprimer le fond d’optimisme en moi et, heureusement, je vois encore de belles choses dans ce monde qu’est l’horlogerie aujourd’hui, et l’espoir est là. Joie, paix et amour.

Le ‘Peak Watch’ : De quoi demain sera fait ?

Ces derniers temps ont été révélateurs pour moi. De nombreuses grandes et belles marques, historiquement fortes et présentes ressortent de leurs caves des archives poussiéreuses mais d’une richesse inestimable. Je veux parler de formes, proportions et designs du passé. Nous n’avons jamais autant vu de ré-éditions, et la liste est longue, entre Ulysse Nardin, Longines, et d’autres. Leurs pièces sont magnifiques, et nous sommes les premiers à applaudir et à prendre un grand plaisir avec ces pièces au poignet.

Mon point n’est pas là. Si ces pièces, ou au moins leur inspiration, refait surface, on peut se demander pourquoi. Demande et goûts de nombreux clients ? Sans doutes. Petit syndrome de la page blanche ? Peut-être. C’est cet élément que je veux creuser. Prenons de la hauteur et contemplons les décennies, parfois siècles d’art horloger.

La recherche, le dépassement de ces horlogers inventeurs, architectes de la miniaturisation, de la complication et des métiers d’art ne peut que nous impressionner. La course pour l’étanchéité, à combattre la gravité, faire sonner quarts et heures avec le son le plus clair, à nous livrer l’espace et ses constellations, mesurer des temps toujours plus précis, pour ne citer qu’eux, est un pas en avant considérable. Mais après ce pas en avant ? La montre connectée ? Très peu pour moi. 

A. Lange & Soehne - Lange 1 Moonphase

Si vous me suivez, mon propos est simple. Nous avons vu des choses magnifiques, des designs iconiques et intemporels naître, des complications impressionnantes et parfois harmonieusement distribuées au sein d’un boitier. Que peut-on espérer ensuite ? Des changements sur la boite elle même, des variations d’esthétique, donc de forme plus que de fond ? Cette dynamique est d’ors et déjà en marche.

Aujourd’hui, j’ai plus le sentiment que les projets horlogers naissant de part et d’autre sont “sympathiques”, “mignons”, mais pas éblouissants ou révolutionnaires. Du moins la majorité d’entre eux.

On peut donc attendre, espérer, et se dire que le temps va sembler long avant une innovation majeure, avant de pouvoir parler d’un réel renouvellement de la sphère horlogère.

L’espoir est là

Mon titre peut avoir le vague arrière son d’un gospel, d’un chant de louanges et de promesses. Il a été écrit pour ça.

Malgré ce ‘Peak Watch’, de rares projets montrent selon moi la suite du chemin à écrire et à révolutionner. Cette révolution se fera en partie sur des matériaux toujours plus légers et pouvant être mis à l’épreuve des conditions les plus rudes. Des montres de quelques grammes, des frottements presque nuls, l’intégration des complications que nous connaissons aujourd’hui avec ces matériaux, etc. Sans oublier évidemment une précision jamais vue pour des montres mécaniques.

Richard Mille - RM50-02 ACJ Tourbillon Split-seconds

Le dernier mouvement Zenith, j’ai nommé ‘Defy Lab’, en est peut-être un prémisse. Moins de frictions, moins d’entretien, aucune sensibilité à la gravité, entre autres. Mais je laisserai Jérôme vous en parler mieux que moi très bientôt.

Évidemment, la grande majorité des marques de montres mettent souvent (probablement trop vite…) à jour leurs collections, et de très belles pièces surgissent de temps à autres. Nous pouvons nous réjouir parfois de nouvelles formes de boite, de nouvelles architectures et harmonies présentes dans certaines pièces. Même si, au fond, aucune innovation majeure n’est à voir.

Ce que je veux dire par là, c’est que l’innovation ne fait pas tout, soyez en sûrs. Une pièce qui fasse pleurer nos yeux, un charme perturbateur, telle sont les émotions que nous souhaitons ressentir. Mais, pitié, avec une cadence moins soutenue que ce que l’on observe aujourd’hui.

Alors oui, d’un côté nous pouvons nous faire les mauvais augures d’un marché saturé en innovations, qui a (presque) tout connu, tout vu sur le dernier siècle, et qui souffre d’un manque de renouvellement chronique. Mais, heureusement, l’espoir est permis à condition de quitter la zone de confort qui revient à modifier la forme plus que le fond. Et d’associer les dernières technologies visibles au service du mécanique, encore et toujours. Je ne parle pas de montres en carbone forgé de 54mm avec des incrustations en Titane. Il faut prendre le temps de rendre cela accessible, et beau. Ce n’est que mon humble avis.

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