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G.Gagnebin & Cie : Renaissance de la Maison de Tramelan

Jérôme
Le 16 mars 2018
C

C’est une belle découverte que nous allons partager avec vous aujourd’hui, et une très bonne nouvelle. En effet, G.Gagnebin & Cie, une des nombreuses maisons suisses ayant malheureusement disparu durant la mutation de l’industrie horlogère entre les décennies 60 et 80 est en train de renaître. Active pendant plus d’un demi-siècle, de 1911 à 1965, G.Gagnebin & Cie est à l’origine de la production de plusieurs marques et de nombreuses pépites que les amateurs de montres anciennes connaissent bien, notamment les chronomètres et chronographes commercialisés sous la marque NIGA, acronyme de Nicolet & Gagnebin, les deux familles cousines à l’origine des créations.

Mais je dirais que le plus intéressant n’est même pas forcément la renaissance de modèles au nom de cette belle maison, mais plutôt le pourquoi et le comment. Vous allez comprendre…

G.Gagnebin & Cie : Un peu d’Histoire

C’est en 1911 que Georges Gagnebin et Armand Nicolet fondent ce qui allait devenir G.Gagnebin & Cie. L’entreprise est fondée sous le nom de Gagnebin & Nicolet et les montres commercialisées sous la marque “Niga”. Information pour ceux qui esquissent des sourires : ni Tupac Shakur ni Jay-Z n’étaient nés en 1911, cet acronyme n’avait donc aucune connotation Gangsta Rap.

Tout au long des années 1920, l’entreprise ainsi que le petit village de Tramelan connaissent tous deux un rayonnement et un essor constant. Tramelan est alors un véritable terreau de compétences horlogères. Des chaînes de montage de ce village qui ne compte aujourd’hui même plus 5000 habitants, sortaient alors chaque année un demi-million de montres.

Au début des années 1930, l’entreprise familiale change de nom pour devenir G.Gagnebin & Cie. La maison se spécialise alors dans la fabrication de montres de poche de haute-précision en argent destinées aux Chefs de Gare du réseau ferroviaire helvétique. Information qui a en effet son importance car à cette époque, les Maisons capables de produire des chronomètres en série ne sont pas légion.

Les années 1940 sont marquées par le développement de la marque vers de nouveaux marchés, notamment les pays scandinaves et un marché finlandais particulièrement réceptif. Le fils de Georges, Eric, reprend alors la direction de l’entreprise.

C’est au cours des années 50 que certaines des pièces les plus sexy sortent selon moi des ateliers de Tramelan : des chronographes Niga aux larges ouvertures de boîtes, aux multiples échelles et lunettes plattes. De vraies montres utilitaires qui cachent des mouvements chronographes aux noms et aux architectures bien connus de tous venus de chez Landeron, Valjoux, Unitas ou encore A. Schild et Felsa.

Chronographe Niga Circa 1950s - G.Gagnebin & Cie

Voici ce que j’appellerais personnellement l’apogée de G. Gagnebin & Cie et des montres Niga, juste avant que la décennie suivante ne voit s’éteindre ce grand nom de la vallée. Une extinction qui heureusement n’allait être que temporaire…

G.Gagnebin & Cie : Quand la quatrième génération reprend le flambeau

L’entreprise familiale fut contrainte de mettre la clé sous la porte en 1965, alors que la mutation de l’industrie horlogère allait annoncer la venue d’une crise encore plus profonde, celle de l’ère du quartz. Si les ateliers de Tramelan ont fermé, ce n’est pas pour autant que la famille Gagnebin s’est éloignée de l’horlogerie. Le fils d’Eric, Georges à nouveau, fera quant à lui 40 ans d’une belle carrière chez Longines, la maison au sablier ailé de Saint-Imier.

Ce sera son fils David qui décide en 2014 qu’il est temps que le nom de Gagnebin apparaisse enfin sur des Cadrans. C’est effectivement une bonne idée. David est designer horloger et collabore avec de nombreuses marques. C’est motivé par sa passion et l’envie de faire renaître ce que ses ancêtres avaient créé, qu’il tiendra, et tient toujours d’ailleurs, le projet à bout de bras.

G.Gagnebin & Cie - David Gagnebin

Un premier modèle sort rapidement : La montre Karaktero. Une boîte sportive de 43mm équipée d’un verre saphir qui dévoile un calibre Sellita SW300 et un cadran qui arbore pour la première fois le symbole de la famille Gagnebin : l’étoile de mer à 5 branches.

Pour la petite histoire, ce symbole est présent sur les armoiries de la famille depuis la découverte du fossile de cette espèce alors inconnue par le naturaliste Abraham Gagnebin au tout début du 18ème siècle.

G.Gagnebin & Cie, une marque que l’on va suivre de près…

Ce qui sort aujourd’hui nous plait bien davantage et ne laisse présager que du bon, voir même du très intéressant pour un futur proche : la collection Renan.

Pour continuer sur un brin d’histoire, le choix de ce nom n’est pas un hasard. Renan étant le nom du petit village du Jura suisse dont sont issus les Gagnebin depuis le 15ème siècle.

L’implication de la famille dans l’horlogerie n’attendra d’ailleurs pas Georges Gagnebin et son cousin Armand Nicolet, au début du 20ème siècle puisque l’on recense déjà d’important horlogers plusieurs siècles auparavant.

Des aïeux plus que présents dans le paysage puisque plusieurs d’entre eux avaient déjà créé des fabriques d’horlogerie, d’autres étaient marchands, l’un d’eux avait dirigé les ateliers de la Maison Longines de Saint-Imier et un autre aidé Jaquet Droz à développer ses automates. Légitimité et compétence. Respect.

Déclinée en deux variantes, Vintage et Graphic, au sein desquelles s’assortissent plusieurs configurations de cadrans.

Les modèles intitulés “vintage” nous renvoient évidemment à un âge d’or de l’horlogerie qui nous touche particulièrement.

G.Gagnebin & Cie - Renan Vintage

Une boîte en acier poli de 38mm et une très belle ouverture de cadran pour une épaisseur de boîte d’à peine 7,5mm. De très belles proportions. La conception de la carrure aux anses courtes et surtout le design de la lunette est très travaillé pour qui sait regarder.

Une lunette plus petite que la carrure et qui crée comme un “step” auquel évidemment, nous ne sommes pas insensibles. Le cadran sobre et équilibré reprend quant à lui index en appliques et points lumineux et se voit surmonté d’un très beau verre saphir ultra-bombé. Un détail coûteux qu’on ne voit pas partout et qui fait évidemment toute une différence.

G.Gagnebin & Cie - Renan Vintage

Animé par un mouvement mécanique ETA 2801 visible au travers du fond transparent, voici une montre qui une fois au poignet respire la qualité. Des pièces que l’on remarque selon moi pour les bonnes raisons : les multiples détails et les finitions qui composent une apparence très simple et une montre extrêmement lisible. Bingo.

G.Gagnebin & Cie - Renan Vintage

Les bracelets nous paraissent un peu rigides et épais, forcément, mais nous sommes conscients d’avoir quelque peu des habitudes de “gosses de riches” en la matière… De toute manière, nous savons tous aujourd’hui que le bracelet d’origine, quelle que soit la marque et le positionnement prix de la montre, n’est que très rarement celui que nous allons porter…

Chronographe Niga Circa 1950s - G.Gagnebin & Cie

De vraies belles montres mécaniques qui pourraient bien annoncer la renaissance d’un des ce chronographes Niga que j’aime tant… En tout cas je l’espère !


Pour ceux qui souhaitent en savoir davantage en se rendant sur la page de la marque, c’est par ici.

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